La neige a conquis les amoureux de la montagne et fait la fortune des stations de sports d'hiver. Mais le fameux « Or Blanc » a bien failli faire tourner la tête des stations devenues trop bâtisseuses, au détriment de la matière première, l'environnement. Le développement durable vient à point nommé pour sauver le paysage.
Le paysage est notre premier atout, il faut donc le protéger et ne pas dépasser le seuil au-delà duquel l’activité touristique déforme les lieux.
Voilà tout l'enjeu de la station dîte "intégrée" de Fessole qui doit s'orienter vers des pratiques multiformes qui ne sont plus centrées exclusivement sur le ski, mais aussi vers les espaces naturels : pratiques nordiques, promenades à pied et en raquettes, chiens de traîneaux.
Localisation géographique
Située au sein du traingle Grenoble-Lyon-Valence la future station intégrée sera à moins d' une heure de route de chacune de ces villes ce qui représente un potentiel touristique considérable.
Implantée sur la commune de La Rivière, dans le sud-Grésivaudan, elle sera installée au sein d' une prairie d'altitude niché à plus de 1400 mètres d'altitude sur les contreforts Nord-Ouest du massif du Vercors.
L'accès devra se faire par funiculaire depuis la vallée afin de préserver le paysage de nouveaux aménagenents lourds et couteux que nécessiteraient la construction de routes.
Climat
La prairie de fessole orientée au Nord-Ouest se situe entre 1300 et 1500 mètres d’altitude . Dans le Vercors, à cette altitude la durée d’enneigement moyen est de 150 jours environ. Les précipitations sont assez abondantes, près de 1500 mm par an. Toutes les conditions climatiques sont réunies pour un bon enneigement tout au long de la saison, de plus la durée d’ensoleillement est en moyenne de 2000 heures par an.
Selon les différentes études menées ces dernières décennies le réchauffement climatique que nous connaissons aujourd’hui n’aura qu’un impact limité sur l’enneigement de la prairie de Fessole. Une simulation correspondant au scénario climatique retenu a été effectuée. La diminution dans le Vercors est de l’ordre de 20 à 25 %, soit 30 jours par an, ce qui au regard des autres massifs, notamment ceux des Alpes du sud, n’est pas catastrophique, puisque que pour certains d’entre eux la diminution du manteau neigeux atteindra plus de 45%.
Orientations thématiques
La station de Fessole doit présenter des activités alternatives tel qu'un centre omnisport, afin de répondre à l'évolution des pratiques des vacanciers et de palier aux conséquences des aléas météorologiques, voire du risque climatique dans une perspective à 15 ans.Les Orientations Générales du plan d'aménagement de la station intégrée insiste sur la création et le développement des sports d'été (randonnée, escalade, alpinisme, sport d'eau vive, VTT) qui attirent de nombreux touristes et font vivre beaucoup de monde en dehors de la saison hivernale. Ils ont la particularité de pouvoir aussi être pratiqués en dehors de la seule période estivale et pourraient répondre à l'une des orientations visant le développement de l'intersaison.
La station sera reliée au domaine nordique du plateau de Gève afin de satisfaire une clientèle plutôt hivernale adepte du ski nordique. Une fois reliées les stations d'Autrans, de Méaudre et de Fessole conteront près de 300 km de pistes tracées et balisées en classique et en skating, au départ de chaque station, sans voiture et pour tous niveaux (débutant à compétition).
la prairie de fessole
Architecture et Habitat
L'habitat de la station de fessole sera intégrée aux principes de l'éco-construction, en utilisant la démarche HQE, la construction en bois, et un cahier des charges d'emploi de matériaux sains, écocertifiés pour une meilleure éfficacité énergétique des habitations construites.
De plus tous les acteurs locaux devront s'engager à accompagner le maitre d'ouvrage dans ces réalisations, dans sa recherche de maitre d'oeuvre, dans sa recherche de finacements, dans le suivis expérimental de cette réalisation et l'information pratique de la vie de cet Unité Touristique Nouvelle (UTN).
Cette démarche vise à intégrer les principes du développement durable dans la politique d’urbanisme et leur transcription dans les documents d’urbanisme. Il s’agira à la station de Fessole, de veiller à respecter la capacité de charge du territoire, d’assurer la réversibilité des aménagements, de regrouper les constructions, de privilégier la réhabilitation, respecter les paysages.
La station devra également développer une politique durable de l’habitat respectueuse du patrimoine bâti afin de respecter l’architecture traditionnelle et développer une politique de qualité environnementale de type HQE pour les constructions neuves.
La préservation des paysages et des espaces naturels sera au centre de toutes les attentions. La collectivité locale devra agir sur l’entretien des paysages, la gestion forestière, celle de la faune et de la flore.

Energie
Les acteurs locaux devront gérer de façon optimale leurs ressources, qu’il s’agisse d’énergie ou d’eau, et maîtriser leurs émissions de gaz à effet de serre. Les modes de déplacement performants et respectueux de l’environnement seront favorisés, ainsi les transports collectifs qui seront au départ de Lyon, Grenoble et Valence permettront d’accéder au départ du funiculaire reliant la vallée à la station.
UTN
Pour aboutir, le projet doit s’accompagner d’un rapport précisant en détails les effets prévisibles du projet sur l’environnement nécessitant la création d’une unité touristique nouvelle de montagne.
L'aménagement touristique est ainsi encadré par la nécessité d'obtenir une autorisation pour les projets les plus attentatoires au patrimoine montagnard, c'est-à-dire ceux dont l'implantation est prévue en site vierge ou en discontinuité avec l'existant, ou ceux dont la taille dépasse certains seuils définis par la loi. Ce sont les projets d'unités touristiques nouvelles (UTN). Cette autorisation peut être obtenue par le jeu de deux procédures bien différentes. La procédure de loin la plus couramment utilisée est celle de l'autorisation délivrée par le préfet de région coordinateur du massif. Le projet est détaillé dans un dossier et mis à la disposition du public après consultation du comité de massif.
La seconde procédure, procédure déconcentrée quasiment jamais appliquée et aujourd'hui redécouverte par les élus montagnards, est beaucoup plus lourde puisqu'il s'agit d'inscrire l'unité touristique nouvelle dans un schéma directeur (ou schéma de cohérence territorial depuis l'entrée en vigueur de la loi solidarité renouvellement urbain du 13 décembre 2000). D'après les textes et leur interprétation doctrinale, il apparaît que dès lors qu'un schéma directeur existe, l'unité touristique nouvelle se trouvant sur son périmètre ne peut être crée que par son biais. On ne peut concevoir un schéma directeur qui ne ferait figurer qu'un zonage touristique afin de réserver au préfet de région le choix de créer ou non le projet particulier d'UTN.
Les deux décisions d'autorisation de l'unité touristique nouvelle, schéma directeur et arrêté préfectoral, n'ont ni la même vocation ni la même nature. Le schéma directeur est un acte réglementaire et un instrument de planification de l'espace sur un vaste territoire, alors que la décision préfectorale est une décision d'espèce, non réglementaire non créatrice de droit, destinée exclusivement à l'étude du projet UTN. Ces décisions n'obéissent donc pas au même régime juridique. Or il nous est apparu que les règles de droit commun du schéma directeur applicables aux unités touristiques nouvelles inscrites dans ces derniers en raison de l'absence de textes spécifiques, sont inadaptées par rapport à l'objectif de régulation de l'aménagement touristique de la montagne que poursuit la procédure UTN.
Pour plus de renseigments : alpevasions@hotmail.fr
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